Il fait chaud à l'intérieur d'une fille amoureuse
Le tout premier stade, dans les verts du printemps.
Il ne m'a même pas encore touchée.
J'ose à peine poser les yeux sur lui.
Sa finesse sauvage.
Le lointain voile sur sa voix grave.
La beauté sobre de son travail d'artiste.
Sa solitude.
Sa foi.
Son oeil animal. Celui de son père gitan.
L'évidence de notre ressemblance.
La violence de notre rencontre, quand il me prendra.
Tout volera dans la moiteur.
Cet été, c'est sûr, dans la pénombre de ses murs, il aura claqué la porte derrière nous.
Les autres se demanderont si...
Il y a aura des rires sous la tonelle...
Le parfum du mâle, que je boierai à la source, sur sa peau.
Mes doigts agrippés aux pierres. Femelle dans mes boucles, cambrée.
Ses dents plantées dans ma nuque.
Je le prendrai tout entier, aussi profond qu'il viendra.
Il ordonnera. J'encaisserai sa force.
J'irai le chercher au-delà de lui-même.
Je sais le faire. Mon métier de femme.
Le tout premier stade, dans les verts du printemps.
Il ne m'a même pas encore touchée.
J'ose à peine poser les yeux sur lui.